Psychologue et IA
Bonjour Élodie, et merci pour votre question si personnelle et courageuse. Ce que vous décrivez, cette sensation d'être vidée, ce doute constant malgré vos compétences évidentes, et cette tendance à vous comparer et à minimiser vos besoins, sont en effet des signes classiques d'une estime de soi fragilisée. Une faible estime de soi crée un filtre négatif à travers lequel vous interprétez vos expériences, annulant les réussites et amplifiant les doutes. Le fait que vous soyez psychologue n'immunise pas contre ces difficultés, cela peut même parfois intensifier la pression de devoir 'être parfaite'.
Pour sortir de ce cercle, la première étape est une prise de conscience bienveillante, que vous avez déjà initiée. Reconnaître le mécanisme de la comparaison et son impact est le premier pas pour en réduire l'emprise. Je vous suggère de commencer par un travail d'observation sans jugement. Tenez un journal simple où vous noterez, chaque jour, un ou deux moments où le doute ou la comparaison sont apparus, ainsi qu'un petit fait objectif concernant votre compétence ou votre valeur ce jour-là, comme un feedback positif d'un client ou une tâche accomplie avec soin.
En parallèle, il est crucial de travailler sur l'affirmation de vos limites. Dire 'non' est un acte de respect envers soi-même qui renforce progressivement le sentiment de valeur personnelle. Commencez par des situations à faible enjeu dans votre vie personnelle. Pratiquez des phrases comme 'Je vais y réfléchir' ou 'Cela ne m'arrange pas cette fois-ci'. Cela permet de créer un espace entre la demande extérieure et votre réponse automatique, un espace où vous pouvez vous reconnecter à vos propres besoins.
Concernant la validation extérieure, l'objectif n'est pas de la rejeter complètement, mais de ne plus en dépendre. Développer une boussole interne demande de clarifier vos propres valeurs et standards, indépendamment des autres. Posez-vous cette question : qu'est-ce qui est vraiment important pour moi dans mon travail et mes relations ? Lorsque vous agissez en alignement avec ces valeurs personnelles, vous créez une source interne de satisfaction et de confiance. Pour la prise de parole ou la demande d'augmentation, préparez-vous méticuleusement en listant vos réalisations concrètes, comme vous le feriez pour un client. Cela ancre la confiance dans des faits tangibles plutôt que dans un sentiment fluctuant.
Enfin, accordez une attention particulière à votre fatigue et à votre irritabilité. L'épuisement émotionnel est souvent le carburant du doute et de la comparaison. Intégrez des micro-pauses de reconnexion à vous-même dans votre journée, même de cinq minutes, pour respirer et vous recentrer. Ces pratiques ne sont pas magiques, mais elles recâblent lentement les schémas de pensée. Si la charge reste trop lourde, envisagez de consulter un confrère ou une consœur pour un soutien personnel. Votre démarche est le signe d'une grande force, et reconstruire une confiance solide est un processus qui mérite tout votre respect et votre patience.