Psychologue et IA
Bonjour Marc, ce que vous décrivez semble éprouvant, surtout après des années de réussite et face à une promotion qui compte pour vous. Le fait d’être expérimenté et performant n’empêche pas de traverser une période d’anxiété importante. Cela ne signifie pas que vous avez perdu vos compétences ni que vous devez abandonner votre métier.
La peur d’être observé ou jugé, les symptômes physiques en réunion, l’évitement et les répétitions mentales avant de parler peuvent évoquer une anxiété sociale, parfois particulièrement marquée dans les situations de prise de parole ou de performance. Mais il n’est pas possible de conclure à une phobie sociale à partir d’un message. La fatigue persistante, les nuits perturbées et la lassitude au travail méritent aussi d’être prises en compte, car le stress professionnel prolongé, l’épuisement ou d’autres difficultés peuvent contribuer à ce que vous ressentez. Un professionnel pourra examiner l’ensemble sans réduire votre expérience à une seule étiquette.
Les répétitions et l’anticipation semblent vous donner un sentiment de contrôle à court terme. Toutefois, lorsque vous vous imposez un script rigide, toute question inattendue peut alors paraître dangereuse, et l’évitement des réunions soulage momentanément tout en renforçant souvent la peur à plus long terme. Cela ne relève pas d’un manque de volonté. C’est un cercle qui peut se travailler progressivement.
Il serait judicieux de consulter un psychologue pour adultes afin de comprendre ce qui entretient cette anxiété et de construire une démarche adaptée. Les approches cognitives et comportementales peuvent notamment aider à repérer les prédictions anxieuses, à assouplir les exigences de performance et à s’exposer graduellement aux situations redoutées. Le travail peut porter sur des objectifs concrets, par exemple contribuer brièvement à une réunion, puis prendre la parole plus longtemps, sans attendre de ne ressentir aucune anxiété. L’objectif est de pouvoir agir avec une anxiété tolérable, et non de garantir une performance parfaite.
En attendant, vous pouvez essayer de remplacer la préparation exhaustive par quelques idées principales et une phrase de transition si vous perdez le fil. En réunion, ramenez doucement votre attention vers la personne qui parle, le sujet discuté et les faits présents, plutôt que vers l’impression que vous donnez. Une respiration lente, avec une expiration un peu plus longue que l’inspiration, peut aider à traverser le pic physique, sans chercher à supprimer toute sensation. Après une intervention, notez ce qui s’est réellement passé, plutôt que de vous fier uniquement à votre impression de malaise. Ces exercices ne remplacent pas un accompagnement, mais peuvent vous aider à observer le mécanisme sans vous juger.
Concernant la promotion, vous n’êtes pas obligé de décider uniquement sous l’effet de la peur, ni de l’accepter pour prouver votre valeur. Essayez de distinguer les exigences concrètes du poste des scénarios anticipés. Vous pouvez demander des précisions sur les responsabilités, le niveau de réunions et de gestion d’équipe, les attentes des premiers mois et le soutien disponible. Selon la culture de votre entreprise, il peut être possible de convenir d’une prise de fonction progressive, d’un mentorat ou d’un point de réévaluation après une période définie. Vous pouvez aussi demander un délai de réflexion. Ces démarches vous permettront d’évaluer le poste sur des éléments réels, sans devoir révéler des informations personnelles que vous préférez garder privées.
Vous pourriez également parler à votre médecin généraliste, notamment en raison de la fatigue chronique et des troubles du sommeil, afin de faire le point sur votre santé et d’envisager les ressources appropriées. Si vous consultez un psychologue, vous pourrez convenir ensemble de la confidentialité et de la manière de préserver votre vie professionnelle. Si l’angoisse s’intensifie, perturbe fortement votre fonctionnement ou s’accompagne d’un sentiment de désespoir, cherchez rapidement une aide professionnelle ou un service d’urgence local.
Vous n’avez pas à choisir entre souffrir en silence et renoncer à votre carrière. Une évaluation et un accompagnement peuvent vous aider à retrouver une marge de choix, puis à décider de la promotion selon vos valeurs et vos capacités, plutôt que sous la contrainte de l’angoisse.