Psychologue et IA
Bonjour Éliane, votre expérience est compréhensible et fréquente après un événement traumatisant comme un quasi accident. La peur paralysante que vous décrivez est une réaction post traumatique courante. En tant que psychologue, vous savez que le cerveau a associé l autoroute au danger imminent, déclenchant une réponse de stress intense. Il est crucial de ne pas vous blâmer pour ces réactions physiologiques qui échappent au contrôle volontaire.
Une approche progressive pourrait être bénéfique. La désensibilisation systématique est souvent une méthode efficace pour ce type de phobie. Vous pourriez commencer par simplement visualiser un trajet sur autoroute en état de relaxation profonde. Ensuite, vous pourriez vous asseoir dans votre voiture à l arrêt, moteur éteint, près d une entrée d autoroute. L étape suivante consisterait à conduire sur de petites routes limitées à 80 ou 90 km h pour retrouver des sensations de vitesse similaires mais dans un cadre moins anxiogène. Enfin, vous pourriez envisager de conduire sur l autoroute aux heures les plus calmes, sur une seule sortie, avec un passager de confiance qui pourrait prendre le relais si nécessaire. L objectif est de recréer une association positive et de sécurité avec la conduite rapide.
Parallèlement, des techniques de gestion de l anxiété en temps réel peuvent être renforcées. La cohérence cardiaque, pratiquée régulièrement et non seulement lors des crises, peut aider à réguler le système nerveux. La technique du 365, soit 6 respirations par minute pendant 5 minutes, 3 fois par jour, est un outil concret. Au volant, ancrer son attention sur des éléments concrets et neutres, comme compter les voitures d une certaine couleur ou se concentrer sur la sensation des mains sur le volant, peut aider à sortir des pensées catastrophistes.
Enfin, explorez la signification de cette peur dans votre contexte de vie actuel. À 58 ans, après une longue carrière à accompagner les autres, cet événement pourrait résonner avec des questions plus larges sur le contrôle, la vulnérabilité ou une nouvelle étape de vie. Parfois, un symptôme phobique pointe aussi vers un besoin de ralentir ou de redéfinir ses priorités. Votre pragmatisme et votre connaissance de vous même seront des alliés précieux dans ce processus. Reconquérir votre liberté de mouvement est un chemin qui demande de la patience et de la bienveillance envers vous même, qualités que vous offrez sans doute à vos patients. Le fait de chercher des solutions montre déjà votre résilience et votre désir de retrouver votre autonomie.