Psychologue et IA
Bonjour Claire, tout d’abord, je tiens à vous dire que ce que vous traversez est d’une intensité émotionnelle considérable et que se sentir vide, perdu, voire brisé après une rupture brutale est une réaction humaine normale. La fin d’une relation, surtout lorsque celle-ci s’arrête brusquement et sans explication, bouleverse profondément non seulement notre quotidien, mais aussi notre identité. Vous vous retrouvez face à un vide que vous n’avez jamais connu, et il est naturel que cette douleur envahissante épuise votre énergie, y compris celle que vous aviez pour créer, ce qui est souvent l’une des premières victimes du chagrin.
Ce que vous vivez est un processus de deuil, même si ce n’est pas un deuil lié à la mort. Perdre une relation qui faisait partie de votre vie pendant 8 années, avec des projets communs comme un appartement, c’est perdre une part importante de soi-même et de son histoire. Ce deuil peut réveiller beaucoup de souffrance, mais il est aussi le premier pas vers une reconstruction. Quand vous relisez sans cesse vos conversations ou regardez ses réseaux sociaux, c’est une façon de chercher à comprendre, mais cela entretient aussi la douleur et vous empêche de tourner la page. Il peut être utile d’installer des limites comme des moments où vous vous autorisez à penser à lui et d’autres où vous choisissez de vous immerger dans d’autres activités, même si cela semble difficile.
Concernant l’idéalisation de votre relation, elle est aussi une dynamique fréquente après une rupture. L’esprit a tendance à gommer les moments difficiles pour atténuer la souffrance et garder une image " parfaite " de ce qui est perdu. Reconnaître cette tendance est important pour éviter de retomber dans une dépendance affective toxique. Vous pouvez, par exemple, essayer d’écrire dans un journal toutes les nuances de votre histoire, en acceptant autant les choses positives que les moments où vous vous sentiez négligée ou blessée. Cela aidera votre esprit à rééquilibrer la perception de votre passé.
Concernant votre énergie artistique, il est courant que la créativité soit mise en pause lorsque le moral est au plus bas. La création demande souvent une disponibilité émotionnelle difficile à retrouver en phase de souffrance intense. Pour renouer doucement avec votre projet, je vous encouragerais à tenter des gestes créatifs très légers, sans pression de résultat, simplement pour retrouver ce contact avec vous-même et le plaisir de créer. Même quelques minutes par jour peuvent faire une différence sur le long terme.
Il est aussi essentiel de prendre soin de votre corps et de votre rythme, même si le sommeil vous fuit et que vous avez perdu du poids. Des gestes simples comme des balades à l’extérieur, un repas équilibré, ou une activité physique légère peuvent contribuer à retrouver un peu d’énergie et de stabilité. Par ailleurs, ne sous-estimez pas l’importance de vous entourer de personnes qui vous soutiennent vraiment - choisir avec soin à qui parler de votre souffrance peut vous éviter de vous sentir incomprise ou jugée.
Si la douleur devient trop lourde, il peut être bénéfique de consulter un psychologue en face-à-face, pour vous accompagner dans ce processus de deuil, vous aider à exprimer ce que vous ressentez et à retrouver progressivement un équilibre. Vous n’avez pas à traverser cela seule, même si cela peut sembler être votre histoire intime et isolante.
Enfin, pour tourner la page, il ne s’agit pas d’oublier ce qui a été, mais d’intégrer cette histoire dans votre vie de manière à ce qu’elle ne vous empêche plus d’avancer. La reconstruction prend du temps et demande de la patience envers vous-même. Donnez-vous la permission d’être dans cette phase de vulnérabilité sans jugement, acceptez que la lumière reviendra petit à petit, avec des jours plus doux.
Je vous souhaite beaucoup de douceur et de courage pour ce chemin de reconstruction.