Psychologue et IA
Bonjour Étienne, votre message témoigne d'une grande souffrance et d'une quête profonde pour retrouver un équilibre après cette perte si particulière. Ce que vous décrivez est une expérience de deuil complexe, souvent appelée deuil ambigu, où l'absence de certitude et de rituels (comme des funérailles) empêche la psyché de traiter la perte de manière conventionnelle. L'incertitude permanente crée un état de suspension émotionnelle qui est extrêmement difficile à supporter. Vos réactions, comme éviter les montagnes ou les rassemblements familiaux, sont des mécanismes de protection compréhensibles face à une douleur qui semble sans fin.
Concernant votre question sur la manière de faire le deuil, il est important de comprendre que le processus sera différent d'un deuil avec un corps et des réponses. Le travail ne consiste pas à 'accepter' un fait, mais à intégrer l'ambiguïté et la douleur de l'absence dans votre histoire personnelle. La psychothérapie, notamment les approches psychodynamiques inspirées de la psychanalyse moderne, peut être d'une aide précieuse. Elle vous permettrait d'explorer, dans un cadre sécurisé, ces scénarios alternatifs que vous imaginez, cette colère et cette culpabilité, pour en comprendre la signification et réduire leur emprise paralysante. L'objectif serait de vous aider à créer une 'narration' personnelle de cet événement, même incomplète, pour que cette expérience ne vous définisse pas entièrement.
Quant à l'hypnose, elle peut être un outil complémentaire intéressant pour certains, notamment pour accéder et traiter des émotions ou des souvenirs bloqués, dans le cadre d'une thérapie plus large. Cependant, elle n'est pas une solution magique et doit être pratiquée par un professionnel formé et dans un contexte thérapeutique clair. Il est crucial de vous adresser à un psychologue clinicien spécialisé dans le trauma et le deuil pour évaluer la meilleure approche pour vous. Les groupes de parole pour personnes en deuil complexe peuvent aussi offrir un soutien unique par le partage d'expériences similaires.
Votre médecin a raison d'évoquer un état de stress post-traumatique possible, et les médicaments peuvent aider à stabiliser l'humeur pour vous permettre d'entreprendre ce travail psychologique. Le vide dont vous parlez ne se comble pas avec des médicaments, mais avec un long travail d'élaboration psychique. Prendre soin de vous en cherchant un accompagnement spécialisé est le premier pas pour honorer votre frère et votre lien avec lui, sans laisser le non-dit prendre toute la place. Cette démarche courageuse est le chemin pour retrouver, peu à peu, votre place parmi les vivants.