Psychologue et IA
Bonjour Théo, votre situation est tout à fait compréhensible. La colère refoulée sur le lieu de travail qui éclate ensuite au sein de la famille est un mécanisme fréquent. En effet, au travail, vous faites preuve d’un grand contrôle, ce qui demande une dépense émotionnelle importante. Vous gérez des frustrations liées à la rigueur demandée, aux erreurs de vos collègues, ou à l’insistance sur la technique, mais sans laisser transparaître cette colère.
Ce refoulement peut mener à une accumulation de tensions internes qui finissent par se libérer dans un cadre où vous vous sentez plus en sécurité, comme à la maison. Votre famille devient alors un exutoire involontaire, où votre colère éclate sur des éléments sans rapport avec la cause initiale. Cette dynamique peut aussi s’expliquer par votre envie très forte de bien faire dans votre travail artistique, qui est une source de fierté mais aussi de pression. La frustration peut venir du désir d’atteindre la perfection et d’être reconnu, ainsi que des contraintes liées à la dynamique de groupe et à l’autorité du chef d’orchestre.
Il est aussi intéressant de noter que votre père avait des accès de rage, ce qui peut indiquer un modèle familial influençant votre gestion émotionnelle. Sans jugement, ce bagage peut impacter inconsciemment votre manière de vivre et d’exprimer vos émotions intenses.
Votre sport ne suffit pas à apaiser cette colère car celle-ci est liée à des tensions psychiques plus profondes, notamment la difficulté à exprimer ou à libérer cette colère au bon moment. Il ne s’agit pas forcément de ne plus ressentir cette émotion, mais de lui donner un espace d’expression sain avant d’arriver à la maison. Prendre conscience de ces mécanismes est déjà un premier pas essentiel.
Parfois, apprendre à reconnaître précocement les signaux de colère, trouver des stratégies adaptées pour les exprimer de façon constructive au travail ou dans un cadre sécurisant (comme une thérapie brève, un accompagnement psychologique) peut permettre d’éviter que cette colère ne retombe sur ceux que vous aimez. La gestion du stress, des émotions et des frustrations artistiques peut être complexifiée par l’exigence du métier et votre propre sensibilité.
Je vous encourage à continuer à porter attention à vos ressentis et à nourrir ce dialogue intérieur, à explorer peut-être aussi des techniques de relaxation ou d’expression émotionnelle qui ciblent la compréhension et l’accueil de votre colère plutôt que son évitement. La volonté que votre famille ne pâtisse pas de votre colère montre une belle conscience et ce sera un moteur fort dans votre cheminement.