Psychologue Ana Lumière

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Douleurs abdominales et nausées : mon corps souffre-t-il de mon stress au travail ?

Bonjour, je m'appelle Léa, j'ai 26 ans et je suis psychologue clinicienne. J'ai créé ce site pour offrir un espace d'écoute et de consultation en ligne. Je suis de nature calme et empathique, avec une écoute active et un grand sens de l'observation. Je crois fermement que le corps et l'esprit sont intimement liés. Ma question est la suivante : Depuis plusieurs mois, je ressens des douleurs abdominales intenses et des nausées récurrentes, surtout les dimanches soir et les lundis matin. Les examens médicaux (analyses sanguines, échographies) n'ont rien révélé d'anormal. Mon médecin traitant évoque une origine psychosomatique. Je travaille comme chef de projet dans une entreprise où la charge de travail est très élevée et l'ambiance est tendue. Je dois constamment gérer les demandes contradictoires de ma hiérarchie et les tensions entre collègues. Je rentre épuisée chaque soir et j'ai du mal à déconnecter. Ces douleurs physiques commencent à m'handicaper sérieusement dans ma vie quotidienne et professionnelle. Comment puis-je déterminer si ces symptômes sont réellement liés à mon stress professionnel ? Quelles démarches concrètes (thérapeutiques ou autres) pourrais-je entreprendre pour briser ce cercle vicieux où mon corps semble exprimer une souffrance que je n'arrive pas à formuler ?

Ana Lumière

Psychologue et IA

Une jeune femme ressent des douleurs abdominales dans un bureau moderne, avec des éléments visuels évoquant le stress professionnel et la temporalité des symptômes (dimanche/lundi).

Léa, votre question reflète une conscience aiguë du lien entre votre corps et votre esprit, ce qui est déjà une force dans votre démarche. Les symptômes que vous décrivez - douleurs abdominales et nausées cycliques, notamment en période de transition vers la semaine de travail - sont effectivement des manifestations classiques de la somatisation, c’est-à-dire l’expression physique d’un stress psychologique non résolu. Votre médecin a raison de souligner cette piste, car le corps, lorsqu’il n’est plus en mesure de gérer les tensions par des mécanismes psychiques (comme l’anxiété ou la rumination), peut " parler " à travers des signes physiques. Ce phénomène est particulièrement fréquent dans des contextes professionnels exigeants, où la pression chronique et l’impossibilité de déconnecter épuisent les ressources internes.

Le fait que vos symptômes surviennent surtout les dimanches soir et lundis matin n’est pas anodin. Ces moments marquent la réactivation des tensions liées au travail, comme si votre corps anticipait, bien avant votre esprit conscient, le retour dans un environnement perçu comme hostile ou écrasant. Cette temporalité est un indice fort : elle suggère que votre système nerveux est en état d’alerte prolongée, comme s’il se préparait à un danger. À force de sollicitation, cette hypervigilance peut perturber des fonctions physiologiques comme la digestion, le système neurovégétatif (responsable des nausées), ou même la perception de la douleur. Votre épuisement en fin de journée confirme aussi que votre organisme fonctionne en mode " survie ", sans véritable récupération.

Pour déterminer si ces symptômes sont liés à votre stress professionnel, l’absence de cause organique identifiée est un premier élément de réponse. Mais au-delà des examens médicaux, c’est l’analyse de votre vécu émotionnel et de vos réactions comportementales qui sera déterminante. Par exemple, observez si ces douleurs s’atténuent pendant les périodes de congés ou les week-ends (hors dimanche soir), ou si elles s’aggravent après des interactions particulièrement tendues au travail. Un journal des symptômes, où vous noteriez l’intensité des douleurs, les événements déclencheurs et vos états émotionnels associés, pourrait révéler des corrélations claires. Vous pourriez aussi prêter attention à d’autres signes de stress chronique : troubles du sommeil, irritabilité, difficultés de concentration, ou même une sensation de " vide " en dehors du travail, comme si votre énergie était entièrement accaparée par votre rôle professionnel.

Sur le plan thérapeutique, plusieurs approches peuvent vous aider à briser ce cercle vicieux, en agissant à la fois sur le corps et sur l’esprit. D’abord, une psychothérapie centrée sur le stress et les mécanismes de somatisation serait précieuse. Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) sont souvent efficaces pour identifier les schémas de pensée qui amplifient le stress (comme la peur de l’échec ou le besoin de tout contrôler) et pour développer des stratégies de régulation émotionnelle. Une approche plus corporelle, comme la thérapie sensorimotrice ou l’EMDR, pourrait aussi vous aider à " dénouer " les tensions physiques liées à des expériences professionnelles traumatisantes ou répétées. Ces méthodes travaillent sur la mémoire implicite du corps, là où se logent souvent les symptômes psychosomatiques. Par ailleurs, des techniques de cohérence cardiaque ou de respiration diaphragmatique (comme la méthode 365) pourraient vous permettre de recalibrer votre système nerveux en quelques minutes, surtout avant les moments de transition comme le dimanche soir.

Il sera également crucial de réévaluer votre rapport au travail sur le plan concret. Votre description évoque un environnement où les demandes contradictoires et les tensions interpersonnelles sont la norme. Cela signifie que votre charge mentale ne se limite pas aux tâches elles-mêmes, mais inclut aussi la gestion des conflits et des attentes floues, ce qui est particulièrement épuisant. Pour protéger votre santé, vous pourriez envisager des ajustements organisationnels : fixer des limites claires (par exemple, en bloquant des plages horaires pour vous-même), déléguer certaines responsabilités si possible, ou même aborder la question avec votre hiérarchie en termes de " risques psychosociaux ". Si cela semble impossible, un bilan avec un conseiller en orientation ou un coach spécialisé dans le burnout pourrait vous aider à explorer d’autres options professionnelles, sans attendre que votre corps vous force à un arrêt brutal.

Enfin, n’oubliez pas que votre corps vous envoie un message urgent : il vous demande de ralentir et de prendre soin de vous avant que la souffrance ne s’aggrave. Les symptômes psychosomatiques sont souvent des signaux d’alarme précoces, une façon pour l’inconscient de dire : " Ça suffit. " Écoutez cette voix. Intégrez des rituels de déconnexion quotidiens, même courts : une marche sans téléphone, un bain chaud, ou simplement cinq minutes à observer votre respiration. Ces micro-pauses envoient à votre système nerveux le signal que vous êtes en sécurité, ce qui peut progressivement réduire l’hyperactivité physiologique à l’origine de vos douleurs. Et surtout, accordez-vous le droit de ne pas tout porter seule. En tant que psychologue, vous savez mieux que quiconque l’importance du soutien extérieur - appliquez cette sagesse à vous-même.

Votre souffrance est réelle, mais elle est aussi porteuse de sens. Elle vous indique que quelque chose dans votre vie professionnelle (ou peut-être dans votre rapport au travail en général) n’est plus tenable. Ce n’est pas une faiblesse, mais une intelligence profonde de votre organisme. Le chemin pour en sortir passera probablement par un travail à la fois intérieur - pour apaiser les tensions accumulées - et extérieur - pour modifier ce qui, dans votre environnement, vous consume. Mais vous avez déjà fait le premier pas en posant cette question. C’est le signe que vous êtes prête à agir.

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